Française poésie

Poèmes en français


Poeme Galimatias

Seine, au front couronné de roseaux et de saules
Pour voir votre beauté souleva ses épaules
Et prononça ces mots : » Messieurs des pois pilés
Qui veut des choux gelés? «

A l’ombre d’un cheveu se cachait Isabelle,
La gaine et les couteaux auprès d’une escarcelle,
Des marrons, des éteufs, du cresson alénois,
Pour Ogier le Danois.

Non, je n’approuve point la vanité des hommes :
J’aime l’ambition comme un Normand les pommes :
Que vous seriez joli, si vous n’étiez pelé,
Monsieur le Jubilé!

Quand le brave Nembroth bâtit la tour superbe,
Il courut la quintaine et dansa dessus l’herbe,
Faisant sur le pied droit, mais il fut bien camus,
Voyant Nostradamus!

Jaloux flots de la mer, ennemis de ma vie,
Dit Léandre en mourant, si ma belle est ravie,
Me conjurant le ciel pour passer l’Achéron,
Adieu mon éperon!

Masse à dix, tope, tingue! un éventail d’ermite,
Une lance de sucre, une anse de marmite,
Puis un poulet bardé de la poudre d’Iris
Et de chauve-souris!

De soixante escargots accoucha Pampelune ;
Trois jeunes hérissons des loups gardent la lune,
Parce qu’il est secret d’effet et de renom
Comme un coup de canon!

Belle qui paraissez aux amants si cruelle,
Vous aveuglez les yeux, ainsi qu’une tournelle,
A moins que de pitié votre coeur soit époint
Quand on ne s’en plaint point.

Pêchez des hannetons en un crible d’ivoire,
Pour conjurer les morts, lisez dans le grimoire,
Les amants pour vos yeux endurent le trépas.
Mais ils n’en meurent pas.


Poeme Galimatias - Charles-timoléon de Sigogne