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Poèmes en français


Poeme Ses pieds sont donc percez (comme il avait predit)

Ses pieds sont donc percez (comme il avait predit)
Percée est sa main gauche : et sa droite est percée :
Sa peau, par trop tenduë, est par tout crevacée :
Et ses os sont comptez par ce peuple maudit.

Or nos durs Circoncis craignans qu’il ne rendit
L’esprit auparavant que la Croix fut dressée
S’escrient qu’on l’esleve : et la troupe amassée
Des sergens, des bourreaux à cela se roidit.

Ces impiteux ouvriers, dépitez qu’on les tance,
Attrainent brusquement cette lourde potence
Pour du creux préparé le bas bout approcher :

Puis la levant debout, la pointe on precipite
Si roide dans ce trou creuzé sur le rocher
Que le coup s’en va bruire au centre du Cocyte.


Poeme Ses pieds sont donc percez (comme il avait predit) - Jean de La Ceppède