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Poèmes en français

Poeme Complainte de la bonne défunte

Elle fuyait par l’avenue,
Je la suivais illuminé,
Ses yeux disaient : » J’ai deviné
Hélas! que tu m’as reconnue! «

Je la suivis illuminé!
Yeux désolés, bouche ingénue,
Pourquoi l’avais-je reconnue,
Elle, loyal rêve mort-né?

Yeux trop mûrs, mais bouche ingénue ;
Oeillet blanc, d’azur trop veiné ;
Oh! oui, rien qu’un rêve mort-né,
Car, défunte elle est devenue.

Gis, oeillet, d’azur trop veiné,
La vie humaine continue
Sans toi, défunte devenue.
– Oh! je rentrerai sans dîner!

Vrai, je ne l’ai jamais connue.


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Poeme Complainte de la bonne défunte - Jules Laforgue