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Poèmes en français


Poeme La chanson du petit hypertrophique

C’est d’un’ maladie d’ coeur
Qu’est mort’, m’a dit l’ docteur,
Tir-lan-laire!
Ma pauv’ mère ;
Et que j’irai là-bas,
Fair’ dodo z’avec elle.
J’entends mon cœur qui bat,
C’est maman qui m’appelle!

On rit d’ moi dans les rues,
De mes min’s incongrues
La-i-tou!
D’enfant saoul ;
Ah! Dieu! C’est qu’à chaqu’ pas
J’étouff’, moi, je chancelle!
J’entends mon cœur qui bat,
C’est maman qui m’appelle!

Aussi j’ vais par les champs
Sangloter aux couchants,
La-ri-rette!
C’est bien bête.
Mais le soleil, j’ sais pas,
M’ semble un coeur qui ruisselle!
J’entends mon coeur qui bat,
C’est maman qui m’appelle!

Ah! si la p’tit’ Gen’viève
Voulait d’ mon coeur qui s’ crève.
Pi-lou-i!
Ah, oui!
J’ suis jaune et triste, hélas!
Elle est ros’, gaie et belle!
J’entends mon cœur qui bat,
C’est maman qui m’appelle!

Non, tout l’ monde est méchant,
Hors le coeur des couchants,
Tir-lan-laire!
Et ma mère,
Et j’ veux aller là-bas
Fair’ dodo z’avec elle…
Mon coeur bat, bat, bat, bat…
Dis, Maman, tu m’appelles?


Poeme La chanson du petit hypertrophique - Jules Laforgue