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Poeme J’admire, dédaigneux des vagues mélopées

J’admire, dédaigneux des vagues mélopées
Qu’entonnent nos rimeurs sinistres ou plaintifs,
L’épanouissement des vastes épopées
Balançant leurs parfums dans les vents primitifs.

Les jeunes univers dilatés et sonores,
S’abreuvaient de la vie, éparse dans les airs,
Et la virginité des naïves aurores
D’une lumière fraîche arrosait les cieux clairs.

Mais, quand je redescends vers notre crépuscule
Plein de gémissements mornes et violents,
Trouvant l’homme pervers, honteux et ridicule,
Dans l’immense avenir je m’engouffre à pas lents ;

Et, sur le long chemin de la Cité nouvelle
Pour marquer où passa mon pied de voyageur,
Je dresse quelque strophe, austère et solennelle,
Comme un sphinx de granit immuable et rêveur.

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Poeme J’admire, dédaigneux des vagues mélopées - Louis-xavier de Ricard