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Poèmes en français


Poeme Ô calme nuit, qui doucement composes

Ô calme nuit, qui doucement composes
En ma faveur l’ombre mieux animée,
Qu’onque Morphée en sa salle enfumée
Peignit du rien de ses métamorphoses!

Combien heureux les oeillets et les roses
Ceignaient le bras de mon âme épâmée,
Affriandant une langue affamée
Du paradis de deux lèvres décloses!

Lorsque Phébus, laissant sa molle couche,
Se vint moquer de mes bras, de ma bouche,
Et de sa soeur, la lumière fourchue!

Ah que boiteux d’une poussive haleine
Soient ses chevaux, et ne cueille sa peine
Qu’un fruit amer de la vierge branchue!


Poeme Ô calme nuit, qui doucement composes - Pontus de Tyard